Une enseignante qui transforme sa piscine en pépite
À Chaumont, Laurence Bertin a eu le déclic après un reportage sur la location de jardins en ville. Depuis deux ans, cette enseignante ouvre sa piscine creusée de 9 × 4 m à des particuliers, des familles, parfois des associations ou de petites entreprises.
Pour 10 € par personne, ses visiteurs profitent de trois à quatre heures dans un cadre sans vis-à-vis : terrasse en bois, transats, bouées, coin d’ombre. Avec la canicule, son téléphone n’arrête plus. Et au fil des réservations, des habitués sont nés. « Ça crée du lien », résume-t-elle.
Son histoire n’a rien d’isolé. Partout en France, louer sa piscine à l’heure séduit de plus en plus de propriétaires.
Le principe : la piscine « collaborative »
L’idée est simple et gagnant-gagnant. D’un côté, beaucoup de Français n’ont ni bassin ni piscine municipale à proximité. De l’autre, des propriétaires possèdent une piscine qu’ils n’utilisent pas tous les jours.
La location à la demi-journée met les deux en relation : les premiers se rafraîchissent dans un cadre privé, les seconds rentabilisent leur installation… et financent une partie de l’entretien.
Combien ça rapporte vraiment ?
C’est l’argument qui fait mouche. Selon les estimations du secteur, une piscine peut rapporter en moyenne autour de 250 € la demi-journée de quatre heures.
Les tarifs s’échelonnent généralement entre 20 et 50 € de l’heure, davantage pour une journée complète ou un bassin haut de gamme avec terrasse et équipements.
Les piscines proches des grandes villes, très demandées, partent le plus vite.
Plateforme ou bouche-à-oreille ?
Deux options. Les plateformes spécialisées (Swimmy, My Private Pool, Kiwiiz) offrent une vitrine et un fonctionnement clé en main : vous publiez une annonce avec photos et descriptif, vous fixez vos disponibilités, et le site gère le contrat, le paiement sécurisé et une assurance en cas de dégradation, moyennant une commission.
À l’inverse, Laurence préfère tout piloter via sa page Facebook, pour garder la main sur son planning et préserver son intimité.
Les deux marchent : à vous de choisir entre tranquillité d’esprit et contrôle total.
Sécurité, assurance, impôts : ce qu’il faut savoir
Ouvrir sa piscine ne s’improvise pas.
Côté sécurité, tout bassin enterré doit être équipé d’au moins un dispositif normalisé — barrière, alarme, couverture de sécurité ou abri. Une obligation qui prend tout son sens quand vous accueillez des enfants.
Côté assurance, vérifiez que votre contrat multirisque habitation couvre bien la mise en location, et prévenez votre assureur ; une extension de garantie peut être nécessaire. Aucune assurance spéciale n’est imposée, mais mieux vaut être couvert.
Enfin, n’oubliez pas le fisc : les revenus tirés de la location se déclarent au-delà de 760 € par an, dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC).
Nos conseils pour bien démarrer
Soignez vos photos, détaillez les équipements et posez des règles claires (nombre de baigneurs, horaires, niveau sonore).
Prévoyez un accès aux toilettes sans passer par votre maison, et gardez une eau parfaitement entretenue : c’est la clé des bons avis… et des locataires fidèles.
Bien encadrée, la location peut transformer votre piscine en vraie source de revenus d’été, tout en faisant des heureux.