En pleine canicule, voir le niveau de sa piscine baisser jour après jour a de quoi inquiéter. Avant d’imaginer le pire, rassurez-vous : sous l’effet de la chaleur, l’évaporation seule fait perdre de l’eau, parfois beaucoup. « En plein été, beaucoup de propriétaires confondent évaporation et perte d’eau », observe Philippe Terles, fondateur de Resoborvo, spécialiste de la recherche et de la réparation de fuites de piscine. Reste à distinguer ce phénomène naturel d’une vraie fuite. Voici comment y voir clair.
Ce que l’évaporation fait perdre
Une piscine découverte perd en moyenne 3 à 5 mm d’eau par jour en été, et cette perte peut doubler en pleine vague de chaleur, jusqu’à 1 à 2 cm par jour.
Fait surprenant : l’évaporation grimpe la nuit, quand l’air se rafraîchit alors que l’eau reste chaude. C’est ce qui crée ces fines fumées au-dessus du bassin au petit matin. Le vent sec et l’absence de couverture accélèrent encore le phénomène, quand une simple bâche à bulles le réduit d’environ 70 %.
Le seuil qui tranche : 1 cm en 48 heures
Comment savoir si cette baisse est normale ? Les spécialistes se réfèrent à un repère simple : une baisse inférieure ou égale à 1 cm sur 48 heures relève de l’évaporation, pas d’une fuite. Au-delà de ce seuil, et surtout si le niveau continue de chuter malgré une bâche, le doute est permis.
Le test du seau, à faire ce week-end
Pour en avoir le cœur net, pas besoin de matériel : le test du seau suffit.
- Remplissez un seau d’eau de la piscine et posez-le sur une marche, sans l’immerger.
- Alignez le niveau d’eau du seau sur celui du bassin, puis marquez les deux niveaux.
- Coupez la filtration et le remplissage automatique, puis attendez 48 heures, à l’abri du vent.
- Comparez : si l’eau de la piscine a baissé nettement plus que celle du seau, c’est le signe d’une fuite. Si les deux ont baissé de la même façon, ce n’est que de l’évaporation.
Les signes qui doivent vraiment alerter
Au-delà du test, certains indices trahissent une fuite. « Une baisse inhabituelle du niveau d’eau, des appoints d’eau fréquents ou un local technique anormalement humide doivent alerter », rappelle Philippe Terles.
Et contrairement à l’intuition, le problème vient rarement du bassin lui-même : « 80 % des problèmes viennent des réseaux », ces canalisations qui serpentent autour de la piscine.
Un réflexe, enfin, à ne surtout pas avoir : « Il ne faut jamais vider une piscine sans l’avis d’un spécialiste », prévient l’expert. Mieux vaut surveiller l’évolution du niveau et noter les symptômes observés en attendant un diagnostic.
Le bon réflexe de l’été
Surveillez votre niveau, faites le test du seau au moindre doute, et ne sonnez l’alerte que si la baisse dépasse nettement l’évaporation. Vous vous épargnerez une fausse frayeur, ou vous prendrez le problème à temps, avant que la facture d’eau ne s’envole.